De la prévention à l’action : les lois et les sanctions contre le cyberharcèlement en milieu scolaire

Le cyberharcèlement, forme insidieuse de violence en ligne, a pris une ampleur inquiétante dans le milieu scolaire ces dernières années. Avec la généralisation de l’utilisation des technologies numériques, les jeunes sont exposés à des formes de harcèlement qui vont bien au-delà des frontières de la salle de classe. Heureusement, des lois et des sanctions ont été mises en place pour protéger les élèves, tout en prévenant et sanctionnant les comportements de cyberharcèlement. 

les victime invisibles en cas de détresse

1. Qu'est-ce que le cyberharcèlement ?

Le cyberharcèlement désigne l’ensemble des actes de harcèlement exercés via les moyens de communication numériques tels que les réseaux sociaux, les applications de messagerie, ou encore les plateformes de jeux en ligne. Il prend plusieurs formes : insultes, menaces, diffusion de rumeurs, cyberintimidation, ou encore partage de contenus humiliants. Ces agissements ont un impact considérable sur la victime, affectant sa santé mentale et son bien-être. 

2. L'importance de la prévention dans les écoles

La prévention est la première étape pour lutter efficacement contre le cyberharcèlement. De nombreuses écoles mettent en place des programmes éducatifs pour sensibiliser les élèves, les enseignants, et même les parents aux dangers du cyberharcèlement. L’objectif est de faire comprendre aux jeunes l’importance de respecter les autres en ligne et de reconnaître les comportements nuisibles. 

Les actions de prévention passent aussi par l’apprentissage des bonnes pratiques sur Internet, la gestion des données personnelles et l’importance de signaler tout comportement suspect. Le rôle des éducateurs et des parents est primordial pour veiller à la sécurité des élèves sur le web. 

3. Les lois qui protègent les victimes

Plusieurs lois ont été votées en France pour lutter contre le cyberharcèlement, en particulier en milieu scolaire. 

La loi pour une République numérique (2016) a renforcé les dispositifs de protection des mineurs sur Internet, en obligeant les plateformes à lutter contre les contenus haineux et à faciliter le signalement de comportements inappropriés. 

La loi « Lutte contre le harcèlement à l’école » (2019), également connue sous le nom de loi Blanquer, impose aux établissements scolaires d’avoir une procédure de signalement et de prise en charge des victimes de harcèlement, y compris dans le cadre du cyberharcèlement. Elle prévoit également que les élèves victimes de harcèlement soient soutenus psychologiquement et accompagnés dans leur parcours scolaire. 

La loi de 2020 renforce la répression des comportements en ligne, notamment en introduisant des sanctions plus sévères pour ceux qui harcèlent un mineur sur Internet. Les peines de prison et les amendes peuvent être appliquées aux auteurs de cyberharcèlement. 

4. Les sanctions encourues par les harceleurs

A. Les sanctions pénales

Les sanctions pénales sont particulièrement sévères en raison de la nature complexe du cyberharcèlement, qui peut affecter la victime de manière durable, même après la fin des actes de harcèlement. Plusieurs articles du Code pénal sont applicables pour punir les auteurs de cyberharcèlement : 

  • L’article 222-33-2 du Code pénal : Le cyberharcèlement est explicitement puni par la loi française. Selon cet article, « le harcèlement moral » commis par le biais de moyens de communication électroniques est puni d’une peine de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Si le harcèlement a des conséquences graves sur la victime, par exemple en cas de suicide ou de tentative de suicide, la peine peut être portée à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
  • L’article 222-33-3 du Code pénal : Cet article prévoit des peines plus lourdes si le harcèlement a été mené de manière particulièrement violente ou avec des moyens aggravants (comme l’usage de plusieurs plateformes de réseaux sociaux, de faux profils ou des menaces persistantes). En cas de harcèlement ayant provoqué des dommages importants à la victime (stress, angoisse, troubles psychologiques), des peines pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende peuvent être prononcées.
  • L’article 226-15 du Code pénal : Cette disposition concerne spécifiquement la diffusion de contenus intimes et privés sans le consentement de la victime. La diffusion ou la transmission d’images intimes ou d’informations personnelles via Internet à l’encontre d’un mineur peut entraîner des peines de 2 ans de prison et 60 000 euros d’amende. Ces sanctions sont particulièrement importantes dans les cas où des images ou des vidéos humiliantes sont partagées dans un but de vengeance.

Les peines de prison : En cas de circonstances aggravantes, telles que le harcèlement répété ou en bande organisée, les peines peuvent être multipliées. De plus, la peine de prison peut être accompagnée d’une interdiction de contact avec la victime, d’une interdiction d’approcher certains lieux (comme l’établissement scolaire de la victime), ou encore d’une interdiction d’utiliser certains outils numériques.

B. Les sanctions civiles

Les victimes de cyberharcèlement ont également la possibilité de porter plainte au civil pour obtenir réparation. La responsabilité civile des auteurs de cyberharcèlement peut être engagée sur la base des articles du Code civil relatifs à la responsabilité délictuelle. En cas de préjudice moral ou physique causé à la victime, le tribunal peut ordonner des dommages et intérêts à verser à la victime pour compenser les souffrances endurées. 

  • Le préjudice moral : Ce préjudice est souvent difficile à quantifier, mais il est reconnu par les juridictions civiles. Les victimes peuvent demander des compensations financières pour la douleur psychologique et émotionnelle provoquée par le cyberharcèlement.
  • Le préjudice d’image : Si la victime a subi des atteintes à sa réputation (diffusion de fausses informations, rumeurs, images dégradantes), elle peut aussi réclamer des compensations pour le préjudice d’image, afin de réparer les torts causés par la diffusion de ces contenus en ligne.
  • La réparation du préjudice corporel : Dans les cas extrêmes où le harcèlement a conduit à des troubles psychologiques graves, voire à un suicide ou une tentative de suicide, la victime ou sa famille peut demander des dommages et intérêts pour préjudice corporel. Dans certains cas, la victime peut aussi bénéficier d’une assistance médicale ou psychologique financée par l’auteur du harcèlement si ce dernier est jugé responsable. 

C. Les sanctions disciplinaires scolaires

Les établissements scolaires ont la responsabilité de protéger leurs élèves contre le harcèlement sous toutes ses formes, y compris le cyberharcèlement. Si un élève est identifié comme auteur de cyberharcèlement, il peut faire l’objet de sanctions disciplinaires. Ces sanctions sont régies par les textes du Code de l’éducation et par les règles internes propres à chaque établissement scolaire. 

  • Exclusion temporaire ou définitive : En fonction de la gravité des actes de harcèlement, un élève peut être exclu temporairement de l’établissement, ou dans les cas les plus graves, être définitivement exclu. Une exclusion définitive est souvent décidée si l’élève continue à harceler la victime malgré les avertissements.
  • Mise en place de mesures éducatives : Parfois, les sanctions ne se limitent pas à l’exclusion, mais peuvent inclure des mesures éducatives, telles que des cours de sensibilisation sur le respect des autres, l’éthique numérique, ou encore des sessions de médiation entre la victime et l’auteur du harcèlement.
  • Sanctions pour les complices : Si des élèves sont identifiés comme complices du harcèlement en ligne (par exemple en relayant des messages de harcèlement ou en encourageant les agissements du harceleur), ils peuvent également être sanctionnés par l’établissement. 

5. L'accompagnement des victimes

Les victimes de cyberharcèlement ne doivent pas être laissées seules face à cette épreuve. Outre les lois et les sanctions, un dispositif d’accompagnement psychologique et éducatif est mis en place pour les aider à se reconstruire. Les établissements scolaires doivent offrir un suivi adapté pour les élèves victimes et organiser des dispositifs de médiation pour tenter de résoudre les conflits. 

Des associations et des lignes d’écoute, offrent un soutien direct aux victimes et aux témoins de cyberharcèlement. Ces plateformes permettent d’apporter des conseils, des informations sur les démarches à suivre et de soutenir les jeunes dans leurs démarches de signalement. 

Conclusion

La lutte contre le cyberharcèlement en milieu scolaire est une priorité pour les autorités publiques, les écoles et les familles. Grâce à une législation de plus en plus stricte et à des sanctions appropriées, la protection des élèves se renforce. Toutefois, la prévention reste l’élément clé pour éradiquer ce fléau. En combinant éducation, sensibilisation, et action légale, il est possible de créer un environnement scolaire sûr, où chaque élève peut évoluer sans craindre les violences numériques

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